Voile & randonnées: un été aux Lofoten



Cela fait quelques semaines que nous n’avons pas donné de nouvelles, signe que l’été a été dense et que nous ne nous sommes pas ennuyés! Suite à nos retrouvailles avec Davaï à Skutvik fin mai nous avons commencé notre familiarisation avec notre terrain de jeu estival en kayak. Le temps est au beau fixe et révèle les couleurs dans l’archipel d’eaux claires au milieu du fjord. Au gré de la marée de larges bancs de sable immaculés apparaissent au milieu du vert vif de la végétation, le tout bordé à 360° par les sommets enneigés. Le matériel est au top et nous nous félicitons du choix de nos tentes, matelas et duvets. Les kayaks quant à eux sont fidèles aux derniers essais que nous avions réalisés: parfaits. La glisse est bonne, le matériel est solide et sérieux, bref nous sommes satisfaits de nos choix! Un article sera dédié au kayak prochainement.



Nous quittons finalement Skutvik pour rejoindre les Lofoten avant d’accueillir nos premiers groupes. La traversée se fait au soleil avec une légère brise agréable au travers, nous retrouvons la glisse de notre fidèle monture et la joie d’être sur l’eau au milieu d’un terrain de jeu immense à re-découvrir en été. Le début du mois de juin nous offre une météo des plus clémentes, dont une semaine où la température ne descend pas sous 27°c et grand soleil sans interruption, rien d’exceptionnel me diront ceux qui viennent de passer un été caniculaire en France, mais pour les gens d’ici cela est presque du jamais vu. L’eau se réchauffe vite, en passant de 8 à 16°C. Nous avons la chance d’observer des orques au large de Stamsund, deux groupes d’une quinzaine d’individus indifférents à notre présence chassent autour de nous. Nous passons 3 heures seuls avec eux dans la brume avant de rentrer le soir à Nusfjord. Les camping-caristes allemands, suédois et français venus admirer le soleil de minuit sont également au rendez-vous, bref toute la faune est en place, signe que la saison peut commencer!


Après avoir mesuré le mât plusieurs fois et de plusieurs manières différentes nous convenons que le tirant d’air du bateau est de 17,8m. Nous tentons alors ce que nous n’avions pas osé cet hiver: passer sous les ponts de 18m. À marée basse, presque à l’arrêt et par temps calme bien sûr la première fois, mais ça passe! Cette nouvelle est énorme pour notre activité estivale dans les Lofoten car l’archipel est barré à de nombreux endroits par des ponts de la même hauteur. Désormais nous avons accès au spectaculaire et vertical Kirkefjord, en arrière de Reine, ainsi qu’au Selfjord, tout aussi spectaculaire, bien abrité, poissonneux, truffé de beaux mouillages et de randonnées de premier intérêt. Cela nous offre également des connexions en plus entre la côte nord et sud de l’archipel. Bref, nous avons les clés des Lofoten.


Nous accueillons donc nos premiers groupes et réalisons, bien que nous le savions déjà avant, à quel point le format du voilier est parfait ici. En restant hors de la foule et des sentiers battus, Davaï nous offre l’accès aux petits ports, mouillages et baies depuis lesquelles Maud (accompagnatrice moyenne montagne) emmène les groupes à la découverte des alentours ou à la conquête des points de vue les plus spectaculaires, selon le niveau et les envies du groupe. Un combo idéal entre terre et mer. Rien de mieux que la marche à pied pour se dégourdir les jambes après la navigation, et il serait presque déraisonnable d’envisager d’aller aux Lofoten sans prendre un minimum d’altitude! Les Lofoten sont variées et sans avoir à faire trop de distances à terre comme en mer les points de vue et les paysages changent sans cesse, à chaque fois différents, toujours surprenants. Après un bon bout de journée dehors et un pique-nique au grand air c’est toujours avec le même plaisir qu’on retrouve la quiétude et le confort du voilier.


Quand l’envie nous prend nous allons tremper nos lignes et remontons régulièrement du poisson: cabillaud bien sûr, mais aussi brosme, maquereaux, et la grosse surprise de l’été: un flétan de presque 30kg qui nous aura fait quelques bons repas ainsi qu’une belle émotion au moment de le hisser à bord!

Plus l’été passe et plus la nature devient généreuse. Les champignons et myrtilles s’ajoutent au fruit de notre pêche. Même si le mois de Juillet s’est avéré plus capricieux, grâce au confort du bateau nous n’avons pas souffert de l’humidité. Les cascades crachent partout, ici l’eau fait partie du spectacle.




En tout nous enchaînerons 10 séjours avec des groupes tous très différents et toujours sympathiques. La grande richesse de notre travail est dans l’humain et les rencontres que nous faisons. Le bateau a cela de particulier qu’il lie rapidement les gens, autour de la table du carré, dans ce petit cocon au milieu de nulle part où les histoires prennent vie et les liens se tissent.







Nous avons couronné notre fin de saison pas 3 jour de calme plat et grand soleil, dont nous avons profité pour aller jouer dans les zones les moins accessibles que sont Vaeroy, au large de l’archipel, et les baies du bout des Lofoten et de la côte nord. Cette côte abrupte représente un condensé de ce que sont les Lofoten: des montagnes vertigineuses plongeant à la verticale dans un océan brut, un chaos de roches, de faune, d’air salin où le grand large côtoie le relief accidenté. Tout cela imprégné du souffle puissant du légendaire Maelstrom, ce courant qui fut longuement mythifié par les navigateurs de la région et d’ailleurs. La journée, c’est la lumière crue et les contrastes sur les falaises qui nous saisissent. Le soir, les « golden hours » adoucissent le paysage tandis que le ciel et la roche s’embrasent. La nuit, un ballet incessant d’aurores boréales remplit le ciel, toujours plus lumineux, toujours plus mouvant, les lueurs hypnotiques ne s’interrompent jamais une seconde et sont partout, dans le ciel et sur la surface de l’océan sauvage qui s’est pour l’occasion transformé en miroir.



Nous venons de quitter nos derniers groupes, comme à la fin de chaque saison les émotions se chevauchent: un peu de fatigue, l’envie de retrouver nos proches, d’être un peu seuls aussi, l’envie de se reposer et celle de repartir à l’aventure. Dans nos têtes restent imprimées ces lumières abrutissantes, obsédantes du grand nord, ces reliefs esthétiques, presques surréels dont on ne se lasse pas, les multitudes de découvertes que nous avons faites en quelques mois, et par-dessus tout les moments partagés avec tous ceux qui sont venus à bord. Merci à tous, et à bientôt pour les séjours automne à Tromso!

Paul & Maud


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