Zoom sur les orques de Norvège dans le fjord de Skjervøy
Cet article a pour objectif de vous faire découvrir les orques du Nord de la Norvège présents dans le fjord du Kvænangen d'Octobre à Janvier chaque année. Nous organisons des voyages sur voilier pour les observer entre Octobre et Décembre: voir " orques, baleines et aurores boréales".

Pourquoi les orques de « Kvænangen » ou de Skjervøy?
À l’approche de la nuit polaire, un nombre impressionnant d’orques, baleines à bosse, rorquals et petits rorquals se regroupent dans le Kvaenangfjord, près de la petite ville de Skjervøy, à presque 70° de latitude nord.
Il va de soi que naviguer à la voile dans cette zone à cette période est susceptible de donner lieu à des observations exceptionnelles, et plusieurs compagnies proposent des tours à la journée depuis Tromsø ou Skjervøy pour aller observer ces majestueux animaux! Dans cet article nous nous intéressons à ce qui se cache derrière ce phénomène.
Un personnage clé: le hareng
Cette concentration impressionnante de cétacés dans un espace aussi restreint n’est évidemment pas due au hasard. Derrière tout cela, le personnage central n’est pas visible depuis le pont d’un bateau: il s’agit du hareng de printemps, ou hareng Norvégien.
Ce hareng représente l’un des plus grands stocks de poissons de l’atlantique nord, avec un stock entre 5 et 8 millions de tonnes. Comme son nom l’indique, il fraie au printemps, mais se rapproche des côtes pour hiverner entre octobre et février, où il se regroupe en boules denses à l’abri des tempêtes, dans les fjords calmes et profonds de Norvège! Une aubaine pour les grands prédateurs que sont les orques et les baleines qui se regroupent à cette occasion, dans un contexte unique où différentes espèces coopèrent pour chasser ensemble!

L’orque en quelques chiffres
L’orque est un « odontocète », elle appartient à la famille des « baleines à dents » (comme les dauphins).
Les mâles peuvent mesurer entre 6 et 8m pour un poids entre 5 et 8 tonnes, leur nageoire dorsale est plutôt droite et peut mesurer jusqu’à 2m de haut. Les femelles font entre 5 et 7 m pour un poids entre 3 et 4 tonnes. Leur dorsale est plus petite et « recourbée » en arrière. Les bébés font entre 2 et 2,5m et se distinguent facilement à leur flanc « rosé » et leur comportement curieux et joueur.
Elles peuvent manger entre 300 et 600 harengs quotidiens pendant cette période d’alimentation intense.
Il est de notoriété publique que l’orque est un animal intelligent, mais au-delà de ses capacités de chasse élaborées par exemple, le plus marquant est son aptitude « sociale »: les orques vivent dans des structures familiales très stables: les fils restent auprès des mères, et le groupe est centré autour des femelles les plus âgées. C’est un matriarcat.
Chaque famille possède un langage complexe au sein de laquelle se bâtit avec le temps une « culture » propre au groupe avec son langage, ses préférences, ses techniques de chasse…
Portrait de l’orque de « Norvège »
Derrière le terme « orques » se regroupent plusieurs populations distinctes qui ne partagent pas le même langage, les mêmes moeurs, les mêmes coutumes, et les mêmes techniques de chasse! Contrairement aux baleines à bosse qui traversent les océans pour migrer, les orques que nous pouvons observer dans les fjords Norvégiens en hiver ont leur aire de répartition localisée dans l’atlantique nord (mer de Barents/ mer du Nord/ Féroé/Islande…). Pour l’essentiel, ces familles se nourrissent presque exclusivement de poissons (ils sont piscivores) et non de mammifères marins comme des phoques ou dauphins. Ce ne sont donc pas eux que vous avez peut-être déjà vus sur des reportages de la BBC, s’échouer sur les plages à l’aide des vagues pour attraper leurs proies sur le sable, ou plonger de manière coordonnée pour retourner un morceau de banquise sur lequel se trouve un phoque terrorisé! Ce ne sont d’ailleurs pas eux non plus qui, contrairement à leurs homologues facétieux de Gibraltar, s’amusent à tordre les safrans des voiliers! (ouf).

La chasse en carrousel: la marque de fabrique des locaux
Dans le contexte de profusion dense de poissons qu’est le hareng dans les fjords, l’enjeu principal pour une chasse efficace est de maintenir la boule de poissons compacte et dense. Les orques de Norvège ont développé une technique appelée la « chasse en carrousel ».
D’abord, les orques encerclent le banc de poisson en utilisant des sons ou leur ventre blanc pour « effrayer » les harengs et les contenir en groupe compact. Puis ils font remonter le banc à la surface afin de « coincer » le hareng en haut, pour avoir de meilleures conditions de luminosité et moins se fatiguer.
Ensuite, certaines orques se chargent de faire « claquer » leur queue au milieu du banc pour créer une cavitation qui assomme les poissons par dizaines. Une fois cette opération effectuée, il n’y a plus qu’à se servir en gobant les poissons assommés, un par un! Une fois nourri, les rôles s’inversent pour que les autres puissent se nourrir à leur tour.
… et les baleines, dans tout ça?
Contrairement aux orques, les baleines à bosse (également appelées mégaptères, comme elles sont reconnaissables à leurs immenses nageoires pectorales) ne restent pas dans les eaux froides de la Norvège toute l’année. Elles sont là pour la période de la chasse, mais partent ensuite en république dominicaine, plus généralement aux Antilles, ou au cap vert, pour mettre bas dans les eaux chaudes et économiser ce précieux stock de gras.
Les baleines à bosse, alertées par les cliquetis des orques et la frénésie de la chasse, profitent de la chasse en carrousel initiée par les orques pour se jeter gueule ouverte dans la boule de poissons compacte. Cela se solde généralement par la dispersion du banc que les orques doivent à nouveau former.
Parmi les animaux que l’on peut observer pour les mêmes raisons à cette occasion figure aussi le petit rorqual (minke whale), et le grand rorqual, deuxième plus grand animal au monde après la baleine bleue.

En quoi consistent nos croisières à la voile à cette période?
Il est évidemment fascinant d’observer ces animaux majestueux dans leur environnement naturel. Nos voyages entre Tromsø et Skjervøy ont donc bien sûr comme objectif d’aller les observer, mais pas uniquement, pas n’importe comment et pas à n’importe quel prix! Nous avons fait le choix d’un itinéraire « A vers B » qui laisse le temps de faire de la voile, de découvrir les paysages exceptionnels du nord de la Norvège, et de prendre le temps de faire quelques débarquements à terre pour prendre de la hauteur sur des points de vue. Notre voyage « orques, baleines et aurores boréales » se veut plutôt comme un voyage complet et varié à la découverte des fjords et de l’arctique Norvégien, entre nature sauvage et petits ports de pêcheurs typiques et pas uniquement une croisière « whale watching ». Notre philosophie ne sera donc pas forcément de passer l’ensemble de nos journées à observer les animaux ni de « foncer » sur le premier pod d’orques que nous trouvons! Par expérience nous nous sommes rendus compte que prendre le temps permet de mieux profiter, d’ancrer les moments dans notre mémoire, et bien souvent les plus belles observations se font lorsqu’on s’y attend le moins, qu’il n’y a pas ou peu d’autres bateaux sur la zone et que ce sont les animaux qui viennent à notre rencontre et non l’inverse! Si vous vous reconnaissez dans cette approche éthique, contactez-nous :-)





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